MARCELLIN DESBOUTIN (1823-1902) : A LA POINTE DU PORTRAIT 

20 octobre 2018 - 15 septembre 2019

Commissaires d'exposition : Maud Leyoudec (conservatrice du musée Anne-de-Beaujeu de Moulins ) ; Alexandre Page (historien de l'art, chercheur associé du CHEC, Université Clermont-Auvergne)


Lien pour télécharger le dossier de presse de l'exposition: https://musees.allier.fr/cms_viewFile.php?idtf=30138&path...Desboutin


Présentation générale:


Cette exposition sur le peintre et graveur Marcellin Desboutin, la première de cette ampleur depuis la mort de l'artiste, s'inscrit dans un projet global du musée Anne-de-Beaujeu de Moulins-sur-Allier de revalorisation des "petits maîtres" du XIXe siècle, dont les conservateurs successifs depuis les années 1970 ont fortement enrichi les collections par une politique d'acquisition ciblée. Fort d'un fond de plus de cent œuvres de l'artiste né dans l'Allier, le musée Anne-de-Beaujeu de Moulins était tout désigné pour organiser la première rétrospective Marcellin Desboutin, portraitiste prolifique et pointe-séchiste très important du XIXe siècle.


L'Artiste :


Étienne Carjat, Marcellin Desboutin, photographie (BnF, Paris)


Issu d’une famille de la bourgeoisie bourbonnaise, Marcellin Desboutin fait des études de droit avant de recevoir l’enseignement d’Antoine Étex et de Thomas Couture qu’il délaisse au profit de l’étude solitaire des œuvres de Rembrandt, Frans Hals, Pierre Paul Rubens… Il s’installe en 1854 à Florence, dans une magnifique villa dite de l’Ombrellino. Il y vit en seigneur, collectionne et fait le commerce d’œuvres d’art, reçoit avec faste célébrités et artistes. Il dessine, peint, copie, grave, écrit des poèmes, des pièces de théâtre… La légende rapporte qu’un de ses passe-temps favoris était de faire le portrait à la pointe sèche de son hôte qui repartait ravi de ce magnifique souvenir ! Mais en 1871, Desboutin, ruiné malgré la vente de son palais florentin, est dans l’obligation de quitter le soleil de l’Italie et cette vie insouciante et généreuse. Il s’installe avec sa jeune épouse et ses enfants dans une cour des Batignolles puis sous un toit de Montmartre. Il accepte cette situation et, à cinquante ans, se met à l’ouvrage avec acharnement. Sa forte personnalité et la qualité de ses gravures ne tardent pas à le faire remarquer de ses pairs. Il appartient au cercle des artistes impressionnistes. Il est l’ami d’Émile Zola, Camille Pissarro, Stéphane Mallarmé, Pierre Puvis de Chavannes, Henri Fantin-Latour… Quelques années après son arrivée à Paris, à force de travail, Desboutin réussit à se faire un nom notamment grâce à son talent de graveur. Ses plus illustres contemporains des arts et des lettres, des amis la plupart du temps, passent par sa pointe : Gustave Courbet, Alexandre Dumas, Eugène Labiche, Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Verlaine… Il exécute également des portraits de commande comme celui du Pape Pie IX et quantité d’études peintes de membres de son entourage, avec un intérêt plein d’affection pour ses propres enfants. Étroitement mêlé au jeune courant impressionniste – il participe à la deuxième exposition du groupe en 1876 – il reste néanmoins à l’écart de leurs recherches et conserve un style qui lui est propre dans une technique, la pointe sèche, dont il devient le maître incontesté. En 1880, il abandonne le succès parisien et s’installe à Nice où il entreprend de reproduire à la pointe sèche les « Fragonard de Grasse », cinq planches dont chacune lui demande une année de travail. Cet ultime projet est largement salué par ses contemporains. Reconnu, admiré, il travaille sans relâche jusqu’à sa mort en 1902. Il laisse 1500 à 2000 peintures et d’innombrables dessins et gravures...


L'Exposition :


Devant le caractère innombrable des œuvres de Desboutin, du rôle rétrospectif de l'exposition et compte tenu du fonds très conséquent du musée Anne-de-Beaujeu de Moulins et du musée des Musiques populaires de la ville voisine de Montluçon, l'exposition a été envisagée à la manière des Salons de peinture du XIXe siècle. L'affichage des œuvres est dense avec plus de deux-cents peintures, gravures, photographies présentées au public, soit à peu près un dixième de l'oeuvre connu de Marcellin Desboutin. Parce que la gravure et la peinture s'entremêlent étroitement dans l'oeuvre de l'artiste (lequel gravait parfois ses propres peintures), la présentation des deux arts a été pensée de manière conjointe, autant que le permet le format et la fragilité des œuvres graphiques. 

Les œuvres prêtées l'ont été en grande partie par des collectionneurs privés, cependant, plusieurs musées ont prêté des toiles majeures du peintre, parmi lesquels le musée d'Art et d'Histoire de Genève, où Desboutin a séjourné quelques mois pour peindre les notables de la ville ; le musée Masséna et le musée des beaux-arts Jules Chéret de Nice, où Desboutin a passé ses dernières années ; le musée du Petit Palais qui conserve l'une des rares œuvres entrée dans les collections publiques du vivant de l'artiste (Le Marchand d'oignon de la Riviera, 1898) ; le musée d'Orsay qui a accepté de prêter un double portrait de Marcellin Desboutin et du graveur Lepic par leur ami commun : Edgar Degas. 

Le parcours de l'exposition était tributaire du caractère linéaire de l'oeuvre de l'artiste ; Desboutin ayant été essentiellement portraitiste. L'artiste devait donc être envisagé dans un rapport étroit avec ses modèles, à la fois comme un créateur et un témoin précieux de tout un panthéon artistique et littéraire de la seconde moitié du XIXe siècle.

L'exposition occupe quatre salles et cinq espaces aux thématiques différentes. La première salle consiste en un cheminement chronologique dans les premières années de vie de l'artiste, de son Bourbonnais natal à Florence, où il vivra en riche aristocrate et en artiste dilettante. La salle présente quelques-unes de ses œuvres de jeunesse où s'exprime déjà le goût du portrait, mais aussi celui pour les grands maîtres de la Renaissance qu'il peut admirer à Florence. 


Photos de la première salle (les jeunes années de Marcellin Desboutin)


La deuxième salle est consacrée à son arrivée à Paris et à ses diverses rencontres, tant avec le milieu bohème dont il deviendra malgré lui une des figures tutélaires, qu'avec les différents courants artistiques du temps, dont il sera toujours proches sans jamais adhérer à aucun. L'exposition met surtout l'accent sur sa rencontre avec les Impressionnistes (Degas, Renoir, Berthe Morisot qui seront tous ses modèles), et la Rose-Croix (le Sâr Péladan et Erik Satie).  Cependant, elle n'en omet pas pour autant le lien étroit entre Desboutin et le milieu littéraire et théâtral (Zola, Théodore de Banville, George Sand, Dailly, Aristide Bruant...), en sachant que Desboutin envisageait d'abord de devenir poète et dramaturge. Un espace spécifique est réservé dans cette salle au premier passage de Desboutin à Nice entre ses deux périodes parisiennes ; période pendant laquelle il réalise une série de gravures de reproduction d'après Fragonard. 


Photos de la deuxième salle (les années parisiennes de Desboutin)

Photo de l'espace réservé aux "Fragonard de Grasse" de Marcellin Desboutin


La troisième salle cherche plus spécifiquement à aborder la technique de portraitiste de Desboutin. Les œuvres qui s'y confrontent permettent d'appréhender sa peinture, plutôt impressionniste dès lors qu'il s'agit de peindre les enfants dans des poses naturelles qui ne sont pas s'en rappeler Renoir ou Berthe Morisot, alors qu'elle se fait très naturaliste avec d'autres modèles (particulièrement féminins), dont il conserve les aspérités des visages, les défectuosités, dans un souci de réalisme qui renvoie à des artistes de la Renaissance comme Ghirlandaïo.  Cette salle met particulièrement en valeur le Portrait de Madame Ackermann, volé au musée en 1989 et retrouvé grâce à la préparation de cette exposition. 

Photos de la troisième salle (Desboutin et l'art du portrait)


La dernière salle est consacrée aux portraits et autoportraits de Desboutin, lequel a souvent été un modèle pour d'autres portraitistes, et a été son premier modèle tout au long de sa vie, exactement comme Rembrandt, peintre qu'il admirait. Desboutin a été peint par Degas, Manet, Hodler, entre autres, et a laissé plusieurs dizaines de toiles et de gravures dans lesquelles ils se représentent sans concession, attaqué par les affres du temps et les déboires d'une vie aventureuse. 


Photos de la quatrième salle (Desboutin, du portraitiste au modèle)


Un petit film muet qui ouvre et conclut l'exposition résume dans une esthétique volontairement rétro le cheminement de l'artiste et renvoie au caractère éminemment cinématographique de son existence trépidante.

Première image du film introductif de l'exposition


Les œuvres non présentables dans le cadre de l'exposition (grand décor de Fontaine-lès-Dijon ; œuvres importantes conservées dans des musées étrangers trop lointains) ont été intégrées par le biais de grands écrans.

L'exposition se veut interactive, particulièrement à destination du jeune public suivant une démarche ancienne au sein du musée Anne-de-Beaujeu. Des jeux pour enfants, des écrans tactiles, une bibliothèque temporaire d'ouvrages en rapport avec l'exposition jalonnent ainsi le parcours au sein de chaque salle. 

 Activités à destination du jeune public


Ils en parlent :


Médias régionaux :


La Montagne :

https://www.lamontagne.fr/moulins-03000/loisirs/quatre-raisons-d-aller-voir-l-exposition-marcellin-desboutin-a-la-pointe-du-portrait-a-moulins_13023670/

Vu du Bourbonnais :

https://vudubourbonnais.wordpress.com/2018/10/16/patrimoine-prince-des-bohemes-ou-rembrandt-francais-marcellin-desboutin-a-les-honneurs-du-musee-anne-de-beaujeu/


Médias nationaux :


Télérama :

https://publicinsta.com/media/BxzgoA4hsVt

Marie-France :

https://www.mariefrance.fr/evasion/maintenant-ou-jamais/moulins-sur-allier-marcellin-desboutin-artiste-et-jet-setter-441833.html#item=1


Médias spécialisés :


Arts in the City :

https://www.arts-in-the-city.com/2018/11/12/moulins-marcelin-desboutin-a-la-pointe-du-portrait/

Beaux-arts :

https://www.beauxarts.com/expos/la-folle-vie-de-marcellin-desboutin-portraitiste-du-tout-paris/

Connaissance des arts :

https://www.connaissancedesarts.com/non-classe/actualite/redecouvrir-marcellin-desboutin-11122227/

La Gazette Drouot :

https://www.gazette-drouot.com/article/marcellin-desboutin-a-la-pointe-du-portrait/5287

Le Journal des arts :

https://www.lejournaldesarts.fr/expositions/marcellin-desboutin-sort-de-lombre-142795

L'Objet d'art :

https://www.estampille-objetdart.com/numero-553/marche-l-art-bilan-2018/marcellin-desboutin-rembrandt-batignolles.47312.php#article_47312


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